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Le blog de Fabrice CHAUDIER

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Vins, commerce & marketing - nemesis-fc.fr


Jouer le jeu des institutions

Publié par Fabrice CHAUDIER sur 27 Septembre 2013, 17:36pm

Face aux difficultés personnelles, il est d’habitude de se tourner vers les organismes représentatifs (syndicat, inter-profession, …) et de dénoncer leur paralysie voir leur absence d’aide concrète. Ainsi lors des épisodes récents de grêle mais aussi pour souligner à quel point à titre individuel, le vigneron ne trouve pas de soutien commercial ou financier à ses démarches.

Il me paraît tout d’abord opportun de rappeler le rôle de bouc émissaire que l’on fait vite endosser à ce type d’institutions au même titre que le marché, la concurrence, la mondialisation, autant de responsables insaisissables parce collectifs, innomés et surtout extérieurs. Le bouc émissaire reste cet individu ou cette personne morale (quel nom bien choisi !) à qui il appartient d’assumer sa propre responsabilité : plus besoin de se remettre en cause, d’analyser les raisons d’un échec ou de ses insuffisances, plus de nécessité à bâtir de complexe stratégies pour s’en sortir puisque de toute façon « on y peut rien », l’autre est le seul et vrai coupable.

À l’action se substitue la colère puis la résignation et la soumission.

Tout au long de réunions, j’entends dénoncer pêle-mêle le CIVB, la loi Évin, l’euro, Bruxelles comme bouc émissaire de la crise viticole et des malheurs qu’elle provoque. Parfois même surgit, dernier avatar moderne d’un si court raisonnement intellectuel, la théorie d’un complot ourdi bien sur par « les gros » pour faire disparaître « les petits ».

Je ne suis pas naïf ou angélique, il est évident que la puissante filière viticole tourne un peu à vide, peu pertinente à innover et à inventer des solutions qui auraient un impact sur la vie quotidienne des exploitants. Soit mais comment y remédier ?

Surement pas en gardant cette attitude passive, cette faute rejetée mais plutôt, pourquoi pas, en jouant le jeu démocratique : tout le système est électif, représentatif de façon directe ou indirecte. Si je n’en suis pas satisfait, je peux m’impliquer, je dois me proposer, me présenter.

La revivification démocratique, le renouvellement, voilà une solution dynamique, participative, positive qui apporte des possibilités nouvelles d’épanouissement collectif.

Tout est question de temps, cette denrée dont nous disposons si peu, ou soyons honnête dans cette brève introspection, dont nous usons mal : combien de tâches chronophages, secondaires, inutiles acceptons-nous ? Combien de temps gaspillé ou mal utilisé qui pourrait s’investir dans le projet commun pour le bien commun ?

Cette attitude dépasse le simple bénévolat, l’altruisme désintéressé : en se postant au cœur du système, pour le réformer si besoin, on se retrouve mieux informé, plus réactif, on développe ses savoirs et ses réseaux. Le bien commun n’est pas dénué de retombées individuelles profitables.

Il est temps de retrouver ce sens perdu, oublié dans notre quotidien.

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